Un essai sur la transformation du modèle énergétique québécois

Hypothèse audacieuse : Il serait économiquement plus avantageux et plus rapide pour l’État québécois d’investir massivement dans un programme de subventions pour équiper 75% des maisons urbaines avec des panneaux solaires que de poursuivre la construction de nouvelles centrales hydroélectriques. Démonstration chiffrée face au Plan d’action 2035 d’Hydro-Québec.

Une proposition à contre-courant, mais pas contre l’hydro

Permettez-moi une hypothèse qui, au premier regard, peut sembler à contre-courant dans une province bâtie sur ses rivières : investir de l’ordre de 7,6 à 8 milliards $ dans un programme massif de subventions solaires urbaines peut être, sur le plan du tempo et des retombées locales, plus avantageux que de compter uniquement sur de nouvelles centrales hydroélectriques pour combler les besoins immédiats.

Ce n’est pas un match « solaire contre hydro ». C’est un problème de contrainte de tempo.

L’augmentation rapide de la demande, couplée au besoin de renouveler des groupes turbine-alternateur vieillissants, place Hydro-Québec devant une réalité simple : elle ne peut pas tout faire en même temps, au même rythme. Le solaire résidentiel, déployable en mois là où l’hydro se compte en années, est le complément naturel qui donne de l’air au réseau pendant que HQ modernise son parc existant et planifie la nouvelle production.

En subventionnant à hauteur d’environ 70 % l’installation de panneaux sur l’ordre de 637 500 toits urbains (cible de travail, à affiner avec les données de parc immobilier), on viserait une capacité installée importante, des retombées locales distribuées, et une production annuelle utile — sans prétendre remplacer le rôle de l’hydro pour les pointes hivernales et la fiabilité de base.

Le Plan 2035 : production, transport et distribution

Le Québec est à un tournant. Le Plan d’action 2035 d’Hydro-Québec annonce des investissements de 155 à 185 milliards de dollars. Une lecture trop rapide laisse croire que ces sommes sont surtout de la « nouvelle production ». En pratique, ce plan couvre aussi le transport (lignes haute tension, interconnexions) et la distribution locale — des postes, des lignes, de la modernisation de réseau — en plus de la production (dont une enveloppe souvent citée autour de 90 à 110 milliards pour la nouvelle production dans les présentations publiques) [1].

L’ère de l’hydroélectricité exceptionnellement bon marché pour de nouveaux projets de grande envergure est bel et bien derrière nous. Cela ne veut pas dire que l’hydro existant est « fini » : le bloc patrimonial reste la colonne vertébrale du système. Cela veut dire que chaque nouveau MW hydro et chaque MW de puissance de pointe se paient plus cher, et se livrent plus lentement, qu’à l’époque des grands aménagements.

Moderniser n’est pas « acheter des MW marginaux »

Les projets de modernisation des centrales existantes sont souvent présentés uniquement en $/MW additionnel. C’est trompeur. Une grande partie de l’investissement sert d’abord à maintenir une capacité déjà en service, en fin de vie utile des groupes, plutôt qu’à « ajouter un peu de puissance pour le plaisir ».

CentraleMise en serviceInvestissementMW actuels (ordre)MW add.MW totalM$/nouveau MWM$/MW réel (sur capacité totale)
Trenche19501 250 M$~30248~350~26~3,6
Carillon1962750 M$~75342~795~17,9~0,9
Outardes-2~560 M$ (ordre)plage ~55–94 MW selon sources~6 M$/MW (ordre de grandeur)
Sainte-Marguerite-3 (3e groupe)À préciser440+ MW de puissance~5–8 M$/MW (est.)Projet de puissance de pointe, pas d’énergie annuelle garantie

Lecture critique (points soulignés par un expert hydro) :

  • Trenche et Carillon ont de l’ordre de 75 et 63 ans. Sans investissement de modernisation, le risque n’est pas seulement de « rater 48 ou 42 MW additionnels » : c’est de perdre, à terme, des centaines de MW de capacité déjà en service — une perte autrement plus grave pour le réseau.
  • Comparer le solaire uniquement au coût par MW additionnel de ces projets revient à comparer des pommes et des oranges : d’un côté un ajout net de production décentralisée, de l’autre surtout le maintien d’un actif existant plus un gain de rendement/puissance.
  • Pour Outardes-2, l’ordre de grandeur réaliste est plutôt autour de ~6 M$/MW, pas 10–12 M$/MW [2].

Remplacement complet des groupes vs réfection partielle

Hydro-Québec a souvent privilégié le remplacement complet des groupes turbine-alternateur plutôt qu’une réfection partielle à la manière de certains opérateurs (ex. OPG en Ontario). Ce choix :

  • vise une vie utile longue (souvent de l’ordre de 50 ans) sans réfection majeure répétée ;
  • permet des gains de puissance et de rendement ;
  • coûte plus cher à court terme, mais peut être rationnel sur le cycle de vie.

Présenter ces investissements comme de simples « coûts élevés pour des gains marginaux » est donc inexact. Ce sont en grande partie des investissements de pérennité du système hydro québécois — le même système dont le solaire résidentiel a besoin pour rester stable l’hiver.

SM3 : puissance de pointe, pas un « TWh magique »

Le 3e groupe de Sainte-Marguerite-3 ne doit pas être lu comme un projet d’énergie annuelle au même titre qu’une centrale au fil de l’eau ou qu’un parc solaire. L’objectif principal est d’ajouter de la puissance disponible rapidement lors des pointes (notamment hivernales) : plusieurs centaines de MW en quelques minutes quand la demande grimpe en soirée. Cela ne se traduit pas automatiquement par une hausse proportionnelle des TWh annuels.

Confondre GW de puissance et TWh d’énergie est l’une des erreurs les plus fréquentes dans le débat public québécois. On y revient plus bas.

Coûts de production : ordres de grandeur

Source d’énergieCoût / référenceCapacité / volume (Plan 2035, ordres)
Bloc patrimonial (taux de cession / référence)~2,79 ¢/kWh (taux de cession officiel, à ne pas confondre avec un coût de production interne simplifié à 2,1 ¢) [3]~165 TWh
Éolien (nouveau)7,8 – 12,3 ¢/kWh~10 000 MW
Hydroélectricité (nouvelle)~11 ¢/kWh (ordre)~2 000 MW
Solaire (prévu HQ)8 – 10 ¢/kWh (ordre)~3 000 MW

L’atout solaire du Québec méridional

Contrairement aux idées reçues, le sud du Québec dispose d’un potentiel photovoltaïque comparable, voire supérieur à celui de l’Allemagne, souvent citée comme référence européenne [4] :

VilleIrradiation (kWh/kWc/an)Source
Montréal1 183RNCan
Québec1 134RNCan
Gatineau~1 240RNCan
Sherbrooke~1 200RNCan
Trois-Rivières~1 150RNCan
Allemagne (réf.)~1 000Moyenne nationale (ordre)

kWh/kWc/an : production annuelle attendue pour chaque kilowatt-crête de panneaux. À Montréal, 1 kWc produit en moyenne environ 1 183 kWh/an selon RNCan.

Le solaire ne « bat » pas l’hydro en facteur de capacité (souvent ~14 % vs 65–75 % pour l’hydro). Il bat l’hydro sur un autre terrain : vitesse de déploiement, granularité, et retombées chez les ménages et les PME d’installation.


Un programme de subventions résidentielles : postulat chiffré

Paramètres du programme (hypothèse de politique publique)

ParamètreProgramme proposéRénoclimat (repère)
Subvention par kW2 000 $1 000 $ (ordre)
Part du coût couverte70–80 %30–35 % (ordre)
Maximum par ménage12 000 $5 000 $ (ordre)
Budget public total7,6 milliards $
Installations visées637 500125 000 (cible HQ souvent citée pour le volet résidentiel / programme existant — ordres)

Ces paramètres restent un scénario de politique, pas une prévision HQ. Ils servent à tester l’ordre de grandeur.

Équation économique d’un système type 6 kWc (chiffres corrigés)

Les versions trop optimistes utilisaient implicitement un tarif d’économie trop élevé (12,5 ¢/kWh). Avec un ordre de grandeur de **7,6 ¢/kWh** côté Tarif D résidentiel (moyenne / structure par palier à préciser selon la facture réelle) [5] :

DétailMontant corrigé
Coût d’installation brut (médiane réaliste QC)18 000 – 20 000 $ [6]
Subvention proposée (~70 %, plafonnée)jusqu’à 12 000 $
Coût net ménage (ordre)~6 000 – 8 000 $ (si coût brut 18–20 k et subvention 12 k) — ou 3 000–4 800 $ seulement si l’on restait sur l’ancienne fourchette basse de coût brut ; avec les coûts réels, le net remonte*
Production annuelle (Montréal, 6 kWc × 1 183)~7 098 kWh
Économies annuelles~547 $/an (7 098 × ~0,077)
Retour sur investissement (coût net 3 000–4 800 $ sur ancienne fourchette)~5,5 – 8,8 ans
ROI avec coût brut 18–20 k et subvention 12 k (net 6–8 k$)~11 – 15 ans (ordre de grandeur, avant indexation tarifaire)

*Transparence : le postulat « 70 % de subvention / max 12 000 » a été calibré sur une fourchette de coût d’installation trop basse (15–16,8 k). Avec 18–20 k$, soit on accepte un ROI plus long, soit on revoit le plafond de subvention à la hausse pour conserver un ROI attractif. La version antérieure à 900 $/an et 3,3–5,3 ans n’est plus tenable.

Ce n’est plus « récupéré en moins de 5 ans » de façon générale. C’est un investissement de moyen terme, intéressant si la subvention est réelle, le tarif évolue, et la durée de vie des panneaux est prise au sérieux (voir plus bas).

Comparaison d’investissements publics (ordres de grandeur)

OptionInvestissement publicCapacité (nature)Production / rôleEmplois (ordre, à sourcer)
Programme solaire urbain7,6 G$~3 825 MW installés (crête)~4,55 TWh/an d’énergie, surtout diurne~15 000 (pendant le déploiement) [7]
Nouvelle grande centrale hydro8–10 G$ (ordre)~1 600 MW (selon projet)~plusieurs TWh/an + puissance pilotableplus concentré géographiquement
Modernisation hydro (mix)plusieurs G$surtout maintien + gains modestespérennité du parc + un peu de MWchantier industriel lourd

Le solaire « gagne » sur la vitesse et la distribution des retombées. L’hydro « gagne » sur la pilotabilité, la densité énergétique et la durée de vie des actifs. Les deux se complètent.


Puissance vs énergie : l’angle mort du débat

Le Québec dispose d’environ 38 GW de puissance installée (ordre de grandeur du parc). Deux questions distinctes se posent en permanence :

  1. Énergie annuelle (TWh) : a-t-on assez d’électricité sur l’année pour les usages, l’électrification, l’export ?
  2. Puissance de pointe (GW) : peut-on répondre, en quelques minutes, à un pic de demande un soir de janvier à −25 °C ?

Le solaire résidentiel aide surtout sur (1) en journée, et sur le délestage estival / mi-saison. Il est structurellement faible sur (2) en pointe hivernale en soirée : c’est là qu’il produit le moins, alors que le chauffage tire le plus.

D’où le rôle de projets comme SM3, des réservoirs, des importations, et éventuellement d’autres leviers (efficacité, gestion de la demande, stockage). Un programme solaire massif ne remplace pas ces leviers de pointe ; il peut toutefois réduire la pression globale et freiner le recours à de la production thermique ou à des importations carbonées lors de certains épisodes [8].

Intégration réseau : un coût à ne pas cacher

L’ajout massif de solaire (et d’éolien) n’est pas « gratuit » pour le réseau :

  • variabilité de production ;
  • enjeux de facteur de puissance (MW vs MVAR) ;
  • besoins possibles en compensateurs synchrones ou autres équipements de stabilité ;
  • renforcement local de la distribution.

Un programme à 7,6 G$ côté subventions installation ne inclut pas automatiquement ces coûts d’intégration transport/distribution. Les ignorer reviendrait à sous-estimer le chèque total pour la société. Toute politique sérieuse doit prévoir une enveloppe d’intégration réseau et des règles de raccordement claires [9].


Retombées économiques et durée de vie des actifs

Le programme générerait un investissement total de l’ordre de 10,8 milliards $ (7,6 G public + ~3,2 G ménages), sur 12–15 ans selon le rythme de déploiement.

ImpactValeur (ordre)Lecture honnête
Investissement total généré~10,8 G$sur la durée du programme
Emplois directs~15 000surtout le déploiement ; pas tous « permanents à vie » [7]
Masse salarialecentaines de M$/anselon rythme et salaires
Taxes et impôts~2,1 G$ (scénario)à valider par étude d’impact dédiée
Valorisation immobilière6–10 G$ (scénario)pas permanente : liée à l’état des systèmes et aux cycles de remplacement

Durée de vie : 20–30 ans (solaire) vs 50–100 ans (hydro)

Les panneaux résidentiels ont typiquement des garanties de performance sur 20–25 ans, avec une production qui continue souvent au-delà, mais à rendement décroissant. Un groupe hydro neuf ou remplacé vise souvent 50 ans sans réfection majeure, et l’aménagement peut vivre bien plus longtemps.

Conséquence : sur la durée de vie d’un actif hydro moderne, on peut compter plusieurs cycles de remplacement ou de mise à niveau côté solaire résidentiel. Ce n’est pas un argument anti-solaire — les coûts du PV baissent et la maintenance se mutualise — mais c’est un argument anti-« permanent ». La valorisation immobilière et le bilan économique doivent intégrer ces cycles [10].

CritèreSolaire urbainNouvelle hydro / hydro modernisé
Délai avant première productionmoisannées à décennies
Emplois locauxtrès élevés en installation/distributionplus concentrés sur chantiers
Durée de vie actif principal~20–30 ans (modules)~50–100 ans (ouvrage/groupes)
Contribution aux pointes hivernales soirfaibleforte
Contribution énergie diurne / étéfortepilotable selon type

Calendrier de déploiement (scénario réaliste)

Le calendrier « Phase 1 dès 2025–2027 à pleine vitesse » était trop optimiste pour un programme d’État (conception, règlement, certification installateurs, guichet, formation).

Phase 1 — Lancement (2027–2029) — scénario sous condition de volonté politique

  • Objectif : ~100 000 installations
  • Investissement public : ~1,2 G$
  • Focus : filière, standards, formation, premiers lots prioritaires
  • Production ajoutée : ~0,72 TWh/an

Phase 2 — Déploiement massif (2030–2034)

  • Objectif : ~400 000 installations
  • Investissement public : ~4,8 G$
  • Focus : économies d’échelle, optimisation réseau local

Phase 3 — Consolidation (2035–2039)

  • Objectif : ~137 500 installations finales
  • Investissement public : ~1,6 G$
  • Focus : intégration réseau, monitoring, fin de courbe d’apprentissage

Tout calendrier plus agressif doit être étiqueté scénario optimiste, pas promesse.


Bénéfices systémiques (et ce qu’il ne faut pas promettre)

BénéficeImpactNuance
Ménages producteursjusqu’à ~637 500 (cible)~25 % des foyers seulement si la cible tient ; beaucoup de logements sont en immeubles
Réduction de facturecentaines de M$/an agrégésdépend du tarif réel et de l’autoconsommation
Énergie décentralisée~4,55 TWh/ancomplémentaire à l’hydro, pas un substitut de pointe
Emplois et PMEfilière installation / distributioncapacité de formation à monter ; voir prudence Emploi-Québec
GESordre 0,5 Mt CO₂/an (scénario)via moindre recours à production thermique / imports carbonés en pointe ou en périodes tendues — à documenter, pas à affirmer comme une certitude sans bilan [8]

Zones prioritaires : cibler juste

Dans plusieurs quartiers à revenus modestes, le parc est surtout en immeubles à logements, pas en unifamiliales avec toit disponible pour le propriétaire-occupant. Un programme « toits résidentiels » doit donc :

  • cibler en priorité les propriétaires de maisons unifamiliales à revenus modestes ;
  • et/ou créer un volet immeubles (copropriétés, HLM, OSBL, toits collectifs) avec d’autres règles de partage des bénéfices.

Sinon, l’objectif d’équité rate sa cible.

Formation : prudence sur la capacité d’exécution

Viser des milliers d’installateurs certifiés suppose un pipeline réel (écoles, CCP, entreprises formatrices). Nommer « Emploi-Québec » comme responsable unique dans un tableau est une simplification : la capacité d’exécution doit être démontrée, pas présumée.


Objections fréquentes

« L’hydro produit plus par MW installé »

Oui. Le facteur de capacité hydro est nettement supérieur. C’est précisément pour cela que l’hydro reste le socle. L’argument du solaire n’est pas « plus de TWh par MW », c’est plus vite, plus distribué, plus mobilisable chez le citoyen, pendant que l’hydro se modernise.

« Et l’hiver? »

La production hivernale solaire est moindre (souvent de l’ordre de 20 % de la production annuelle selon profils). Ce n’est pas « gratuit magique » en pointe de soirée. En revanche :

  • c’est de l’énergie produite localement sur le cycle annuel ;
  • la pointe hivernale reste d’abord un problème hydro + demande + interconnexions ;
  • le froid peut améliorer le rendement des modules, mais la neige et l’orientation comptent.

« C’est trop cher pour l’État »

7,6 G sur ~12 ans ≈ 0,6 G/an — un ordre de grandeur à comparer à l’ensemble du Plan 2035 (155–185 G), pas à un budget ministériel isolé. Cela reste un choix politique lourd qui exige discipline sur les coûts d’intégration réseau et sur les subventions unitaires (sinon explosion budgétaire si les coûts d’installation restent à 18–20 k).modeste. L’impact sera historique. Le moment d’agir est maintenant.


Recommandations de mise en œuvre

  1. Guichet unique clair (HQ ou société de programme), avec SLA de traitement.
  2. Certification des installateurs et listes d’équipements admissibles.
  3. Prêts à faible coût / 0 % sur la portion non subventionnée.
  4. Enveloppe d’intégration réseau distincte des subventions panneaux.
  5. Tableau de bord public : MW installés, TWh, coûts unitaires, délais de raccordement.
  6. Deux volets : unifamilial propriétaire-occupant + immeubles collectifs.
  7. Formation multi-acteurs (pas un slogan sur un seul organisme).
  8. R&D nordique : neige, toits plats, stockage résidentiel ciblé.
MesureObjectifLecture
Formation accéléréemilliers d’installateursmulti-partenaires ; capacité à prouver
Priorité socialeaccessibilité réelleunifamilial à revenus modestes + volet collectif
Achats groupésbaisse des coûts unitairesHQ / groupements d’achat
R&Dperformance nordiqueuniversités + industrie
Campagneadoptionutile seulement si le ROI corrigé reste honnête

Conclusion : un levier de tempo, pas un substitut de civilisation

Avec un investissement public de l’ordre de 7,6 milliards $, le Québec peut accélérer une filière solaire résidentielle qui :

  • livre de l’énergie plus vite que la plupart des grands projets hydro ;
  • crée des retombées locales larges ;
  • aide à la décarbonation si elle réduit le recours à des sources plus sales en périodes tendues ;
  • ne remplace pas la modernisation du parc hydro ni les investissements de puissance de pointe.

Le Plan d’action 2035 prévoit déjà un volet solaire (ordre de 3 000 MW / enveloppes souvent citées autour de plusieurs milliards). Le postulat de cet essai est d’aller plus loin côté résidentiel, avec des chiffres honnêtes — économies annuelles ~547 , ROI plus long qu’annoncé jadis, coûts d’installation 18–20 k, modernisation hydro lue comme pérennité et non comme « gâchis », SM3 comme puissance, et coûts d’intégration réseau assumés.

Le bon cadre n’est pas « le solaire surclasse l’hydro ». C’est : l’hydro reste le socle ; le solaire résidentiel est le levier rapide qui donne du temps et de la résilience locale pendant que ce socle se renouvelle.

Le soleil se lève chaque matin sur des centaines de milliers de toits. Bien subventionné, bien raccordé, et sans mensonge sur la pointe d’hiver, ce parc peut devenir un pilier utile du système — aux côtés des rivières, pas à leur place.


_Mis à jour en 2026 (version corrigée) à partir d’un essai publié le 1er juin 2025, après fact-check et relecture critique d’un ingénieur spécialisé en équipements hydroélectriques.


Christian Boulet est Directeur de l’innovation, des technologies et de la conformité chez FLB Solutions Alimentaires. Expert en transformation numérique et intelligence artificielle, il explore les implications des technologies émergentes sur l’industrie et la société québécoise.

Sources et références :

  1. Hydro-Québec, Plan d’action 2035 (nov. 2023) — investissements totaux et volets production / transport / distribution.
  2. Coûts de modernisation / projets (Trenche, Carillon, Outardes-2, SM3) : communications HQ, couverture médiatique spécialisée, ordres de grandeur consolidés lors du fact-check 2026-04-19 ; Outardes-2 ~6 M$/MW plutôt que 10–12.
  3. Taux de cession du bloc patrimonial : référence Régie / cadre réglementaire (~2,79 ¢/kWh) — distinct d’un coût de production interne simplifié.
  4. Ressources naturelles Canada (RNCan), potentiel photovoltaïque / irradiation.
  5. Hydro-Québec, Tarif D résidentiel (structure par paliers) — base du calcul ~547 $/an sur ~7 098 kWh.
  6. Fourchette d’installation résidentielle 6 kWc au Québec : médiane de marché 2024–2025 (installateurs, Rénoclimat, ordres CAC / industrie) ≈ 18–20 k$ posé.
  7. Emplois (15 000, 95 % local, emplois-années) : scénarios d’impact de l’essai original — à traiter comme ordres de grandeur tant qu’une étude d’impact dédiée n’est pas citée précisément.
  8. Réduction GES ~0,5 Mt/an : logique de déplacement de production thermique / imports en périodes de stress — hypothèse à documenter avec bilans HQ récents.
  9. Intégration réseau (stabilité, puissance réactive, compensateurs) : littérature d’exploitation de réseaux à fort renouvelable variable (Ontario, Californie, Allemagne) appliquée par analogie.
  10. Durée de vie modules PV et garanties fabricants (20–25 ans typiques) vs durée de vie groupes hydro modernisés.
  • Références générales :
  • Hydro-Québec, Plan d’action 2035
  • RNCan, cartes et données d’irradiation
  • Programme Rénoclimat
  • Régie de l’énergie du Québec
  • Statistique Canada (ménages / logements)
  • Fact-check et rapport de révision (20 avril 2026) — critique technique Franck + consolidation Hermes

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Une réponse à “Révolution énergétique au Québec : Pourquoi le solaire urbain surclasse l’hydroélectricité”

  1. […] Il y a un an, presque jour pour jour, je publiais ici un essai un peu provocateur : Révolution énergétique au Québec : pourquoi le solaire urbain surclasse l’hydroélectricité. […]

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